Critique

Southland : Enfin une vraie série sur les flics !

Culture

Véritable révolution du genre policier au petit écran, ce bijoux télévisuel est commandé par les réalisateurs Ann Biderman et Christopher Chulack — créateur de New-York 911. La 5ème saison sera diffusée à partir du 13 février 2013 outre-Atlantique.

Par Jérémy Pastor,

Finis les formats classiques sans véritable fond des enquêtes policières classiques, cette série est à la fois une mise en abîme et une mise en perspective du métier de policier à Los Angeles qui compte 10.000 policiers pour plus de 15 millions d’habitants.

Synopsis

Le show nous permet de suivre le jeune officier Ben Sherman, fraîchement sorti de l’Académie de Police et le vétéran John Cooper qui a 20 ans de patrouilles derrière lui. En parallèle, la série suit l’inspecteur de la criminelle Lydia Adams et celui de l’antigang Samuel Bryant. Ce sont les domaines auxquelles sont confrontés ces policiers, chaque jour « pour 90.000$ par an, une pension et une retraite » comme le résume si bien John Cooper.

Les personnages

La série, nourrie de « guest stars » comme C. Tomas Howell, Arija Bareikis, Lucy Liu ( Kill Bill, Elementary, Ally McBeal) ou encore Chad Michael Murray (Les frères Scott) compte 4 personnage principaux.

Ben Sherman (Ben McKenzie) est le jeune bleu formé en patrouille par l’officier John Copper. On découvre que le jeune Ben, malgré son origine aisée de Los Angeles, a vécu un évènement traumatisant lors de son enfance qui l’a mené à devenir flic. Entre autre, son passage à tabac lors du viol de sa mère. Il va difficilement fixer sa ligne de conduite et de conscience, heureusement qu’il reste Cooper, plus expérimenté, pour le remettre dans le droit chemin.

John Cooper est certainement
le personnage le plus
touchant de la série.

Néanmoins l’officier supérieur John Cooper (Michael Cudlitz) a aussi ses démons et son personnage est sans doute l’un des plus complexes à cerner. En effet, il nourrit une profonde addiction aux antidouleurs suite à une blessure au dos lors d’une rotation. Il refuse une opération qui pourrait mettre fin à sa carrière de terrain au risque de se mettre en danger lui et son jeune apprenti. Et il est d’autant plus difficile de cerner Cooper qu’il révèle brusquement son homosexualité face à un garçon en détresse. C’est le personnage le plus touchant de la série.

Lydia Adams (Regina King) est une brillante inspectrice de la criminelle qui nourrit beaucoup (trop) de compassion pour ses victimes. Elle ne vit que par son boulot (et chez sa mère) et a beaucoup de mal à se situer socialement. C’est une femme forte, ce qui ne plaît pas à tout le monde, et totalement indépendante. Le personnage d’Adams est le plus attristé de la série. Elle se fait bouffer par le boulot au risque de se perdre.

Lydia Adams est une véritable éponge.
Flic compassionnelle qui se laisse
bouffer par le boulot.

Sammy Bryant (Shawn Hatosy) est un jeune inspecteur de l’antigang de Los Angeles. Confronté à la violence incessante des gangs, il tente de garder « la tête hors de l’eau et des profondeurs de la noirceur humaine », notamment à travers son partenaire Nate Moretta. Il nourrit au départ des problèmes de couple et bascule dans un revirement de carrière lorsqu’il perd son partenaire lors d’une « banale altercation ». Il réintègre donc les patrouilles pour pouvoir faire pencher la balance.

Une série documentaire

Le style épuré de la série lui donne une profondeur remarquable. Ce n’est plus la série qui fait « l’hymne à la joie » des flics qui « défouraillent » à tout va. Il y a des hommes et des femmes derrière l’arme et l’uniforme qui sont comme tout le monde ou presque. La série nous offre ainsi un splendide panel du quotidien des forces de l’ordre de la cité des anges alliant à merveille temps forts et temps calmes plus centrés sur les personnages.

La série peut se vanter
d’une profondeur assez inédite
dans le domaine policier.

C’est donc un style simple mais efficace : il n’y a pas de musique de toute la série, excepté durant le générique qui met parfaitement dans l’ambiance, tandis que la caméra à l’épaule renforce l’esprit de documentaire et donc d’immersion. Dans l’épisode 6 de la saison 4, John Cooper et le personnage de Lucy Liu sont suivi par la télévision nationale tout une journée, le réalisme y est à son point d’orgue.

Le policier, seul contre tous ?

La série par son aspect épuré ne perd absolument pas son action mais gagne en profondeur là où très peu de séries policières peuvent se vanter. En effet, en 4 saisons, Southland a abordé de nombreux sujets sensibles que peut rencontrer un policier au cours de sa carrière. Qu’est-ce qu’être un bon flic ? Le problème de l’alcoolisme, la dépendance aux drogues, aux médicaments sont aussi traités par le show. Comment vivre la blessure ou la mort d’un coéquipier ?

De nombreux sujets sensibles
en tant que policer sont abordés.

Ben Sherman va aussi apprendre qu’en tant que policier, il ne pourra pas sauver tout le monde et aussi être respecté de tout le monde : l’éternel affrontement population / forces de l’ordre. La grossesse est également abordée par la série, et la manière de gérer vie personnelle et professionnelle. C’est ce panel de sujets très variés qui font la patte, la signature de la série, d’autant plus atypique par son aspect documentaire.

Régulièrement encensé par la critique, la série est attendue le 13 février aux États-Unis pour sa saison 5 et la TNT française ne compte pas s’en passer : tant mieux pour nous.

Photos : © TNT
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