Peut-on faire comme les mannequins dans les pubs ?

Style

Les modèles dans les publicités de vêtements s’habillent de manière très calculée, non sans nous faire succomber parfois à la tentation de l’imitation ou de l’achat. Mais peut-on vraiment faire comme eux ?

Par Guillaume Barki,

Je vous invite aujourd’hui à rentrer dans une science de l’habillement assez atypique : celle des mannequins dans les publicités de prêt-à-porter. Et pour commencer, il faut tout d’abord avoir en tête une donnée logique mais essentielle : l'aspect commercial d’une photo de mode.

Pour faire simple, le mannequin doit se fait désirer. Tout d’abord par sa beauté plastique, mais aussi par ses habits – et c’est évidemment ce dernier aspect qui nous intéresse. La technique consiste à jouer sur une succession de détails qui doivent attirer notre attention, aussi bien sur le choix de ce qu’il porte que sur la manière dont il le porte.

Il y a les techniques simples, que vous connaissez sûrement, comme le motif épileptique. Le but, dans le cas présent, est simplement d’attirer l’œil. Peu importe l’efficacité du haut qui interpelle ici, on capte l’attention grossièrement. L’œil du public peut ensuite éventuellement se déplacer sur d’autres pièces.

L’hybride, ce fantasme

La tentative de l’hybride est aussi récurrente, dans les fameuses « 10 leçons » de GQ par exemple. Ici, l’idée est d’essayer de conforter deux lectorats. En l’occurrence un public au style business ou preppy, et un autre plus geek voire streetwear doivent se retrouver dans ce photoshooting.

Dans la pratique, la tentative de l’hybride est périlleuse. Le seul endroit où elle est globalement payante, c’est en soirée – combien d’affaires de bureaux n’avons-nous pas mixé avec des pièces plus casual ?

Le pantalon court

L’hybride joue aussi sur l’effet de contradiction. Cela lui permet de vous proposer des assemblages inédits comme porter des chevilles à nu en hiver. Il se marie donc aisément avec un autre marronnier du mannequinat de fringues : le pantalon trop court. Et si la tendance est passée depuis les années 1980, elle demeure un incontournable dans le domaine de la photo mode.

Clément Chabernaud photographié par Jamie Hawkesworth pour la campagne « De Fursac : Printemps-été 2014 »

L’objectif est en général de faire ressortir les chaussures. Elle s’accompagne aussi souvent d’une coupe dite « skinny » qui donne l’impression d’un ajustement particulièrement soigné. Le retroussage du pantalon est quant à lui une étape supérieure désormais omniprésente – et que l’on peut voir dans le dernier shooting du Daily French.

L’imparable superposition de couches

Dans le cas ci-dessous intervient un autre aspect que l’on pourrait appeler la superposition de couches. C’est une arme fatale qui permet à la fois de donner un volume à une tenue mais aussi de donner envie d’acheter plusieurs pièces différentes. Elle permet aussi parfois de mélanger plusieurs styles comme évoqué plus haut.

Technique abordable dans la vie réelle, elle reste malgré tout particulièrement prise de tête – on pense à vous, de bon matin devant votre glace, cherchant à associer les couleurs de cinq couches différentes.

Le piège de la coupe droite

Enfin, la coupe droite peut aussi être un élément extrêmement trompeur dans une photo de prêt-à-porter. Il existe deux grands cas de pièges relatifs à la coupe droite : le premier est celui des vitrines de boutiques physiques – qui fera prochainement l’objet d’un article – et le second est donc celui dans les photos de publicités mode.

Dans le cas ci-contre, la coupe droite n’a rien à voir avec les standards de forme des années 1990. Le costume est même très proche des bras et des jambes… mais pas des côtes. On voit que la ligne du buste tombe de manière rectiligne, sans épouser la courbe du trapèze du mannequin. On pense la coupe cintrée alors qu’elle est tout simplement androgyne.

Plus globalement, on remarque donc que le style « mannequin » n’est plus impossible à reproduire dans la vie de tous les jours puisqu’il est devenu une sorte de style à part entière, comme les hipsters. Mais il est parsemé de détails qui, dans le cas d’un look moins atypique, sont là avant tout pour attirer votre attention et non pour vous mettre à votre avantage dans la vie réelle.

Couverture : Lookbook Zara P/E 2014
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