Interview

Interview : Le vide-dressing de Violette Sauvage

Style

S'offrir de belles pièces et renouveler sa garde-robe sans se ruiner, c'est le pari réussi des vide-dressing, un concept avec des valeurs qui fait aujourd’hui fureur. Pour en savoir plus, The Daily French a rencontré Violette Sauvage, organisatrice de vide-dressing géants, qui propose ce week-end, dans le Marais, son dernier vide-dressing avant la rentrée.

Par Vanessa Saksik,

TDF : Quel est votre parcours et qu'est-ce qui vous a donné l'idée de créer ce concept ?
V.S : J’ai commencé à travailler très jeune et j'ai monté ma première boîte à 21 ans. De la joaillerie au vintage, j’ai fait dix métiers et j’ai fini par m’en créer un sur-mesure. Le concept existait déjà mais manquait de peps à mes yeux, et surtout, j'avais envie d'un événement « sélectif mais pas élitiste ». Mon rêve serait de rouvrir la Samaritaine pour y proposer un choix ultra varié et qualitatif de seconde main.

« Mes trésors à moi sont
vintages ou sentimentaux »

Quels sont vos secrets de réussite pour en arriver là ?
Il n’y a pas de secret, juste beaucoup de travail, de passion et de sincérité. Avant d’organiser mes propres événements, j’ai participé à beaucoup d’autres. Je connais donc les attentes des exposants comme des visiteurs. Chez les Sauvage, on se plie en quatre et même si tout n’est pas parfait, on a vraiment à cœur de faire de notre mieux.

Pourquoi ne pas vous être lancée dans les vide-dressing en ligne ?
En tant que consommatrice, je n’ai jamais été vraiment conquise par les sites de vente en ligne. Pour moi, rien ne remplace le contact avec les produits et les gens. Cela dit, nos adeptes viennent de plus en plus loin (Londres, Madrid, etc…) pour assister à nos ventes et nous réclament à corps et à cris une version online. On réfléchit donc activement à une formule qui permettrait de conserver ce côté humain qui plaît tant à notre communauté.

Combien de vide-dressing organisez-vous par an ? Que représente la préparation de tels événements en terme d’organisation ?
Nous organisons huit vide-dressing géants par an (700 m²) qui nous demandent trois à quatre semaines entières de préparation. Ponctuellement, nous développons aussi des projets plus intimes comme les ventes à thèmes. À la rentrée, nous allons également lancer un événement spécial luxe dans un lieu prestigieux de la capitale. Et puis nous avons beaucoup d’autres idées, envies et surprises sous le coude… À suivre donc.

Vous avez organisé le premier « Fashion Flea Market » pour la réouverture du Carreau du Temple le 3 mai dernier. Pouvez-vous nous en parler ?
Notre vide-dressing au Carreau du Temple est le plus grand jamais organisé au monde à ce jour (2000 m²) et nous n’avons eu que cinq semaines pour l’organiser. Un vrai défi mais un beau succès ! L’idée était de défendre le concept de « vide-dressing » qui est parfois, à tort, assimilé à un simple vide-grenier. Je voulais montrer que ça pouvait être «plus». Ma seule frustration : ne pas avoir eu le temps d’y faire du shopping…

Que peut-on trouver dans vos vide-dressing et à quelle clientèle cela s'adresse-t-il ? Les hommes peuvent-ils y trouver leur bonheur ?
Des vêtements et accessoires de « seconde main de premier choix ». Une sélection éclectique de taille, style et prix. Principalement pour femme mais aussi un peu pour homme (jamais assez, avis aux intéressés). Les marques vont de Mango à Carven en passant par Maje, Isabelle Marant, Nike ou Topshop. Il y a également quelques stands vintages et de jeunes créateurs « Made in France » talentueux et abordables. C’est une vraie chasse aux trésors !

«Il y a une vraie volonté de mieux consommer, un ras-le-bol de la fast-fashion, un retour à l’authentique, au bon sens tout simplement »

A votre avis, pourquoi le phénomène de vide-dressing rencontre un tel plébiscite de la part du public ?
C'est un très bon plan bien sûr mais aussi un réel besoin en ces temps de crise. Plus qu’une mode, le concept fait écho à une vraie tendance de fond. Notre génération a été élevé dans la surconsommation et aujourd’hui c’est l’overdose. Il y a une vraie volonté de mieux consommer, un ras-le-bol de la fast-fashion, un retour à l’authentique. Au bon sens tout simplement. Du coté des professionnels, il y a le désir de donner du sens à ce qu’on fait. On n’a plus envie de faire « juste du business ». On essaye de transformer nos passions en métiers pour en faire des aventures humaines.

Comment réussir son shopping quand on aime la mode mais qu'on est fauché(e) ?
Mon secret, c’est de penser toujours à la revente au moment de l’achat. Je ne laisse pas stagner des vêtements ou accessoires , synonymes d’argent qui dort dans ma penderie. Je fais un tri régulier et… hop je revends ! Il y a une phrase que je trouve très vraie également : « on n’a pas les moyens d’acheter de la mauvaise qualité ! ». Ça peut sembler snob quand on est fauché, mais pourtant, c’est plein de bon sens !

Quel est votre rapport à la mode ?
Contrairement au fantasme, je n’ai pas un dressing à la Carrie Bradshaw et je me fiche des it-trucs. Mes trésors à moi sont vintages ou sentimentaux comme cette robe offerte par ma belle-mère et qu’elle portait au baptême de mon Jules. Pour tout le reste, il y a un turnover constant dans ma penderie. J’achète et revends. Je me fais plaisir sans complexe, ni frustration. Je ne subis pas la mode, j'en joue et j'en profite.

Finalement, pour vous, quelle est la garde-robe idéale ? Quelles sont les pièces intemporelles à avoir dans son dressing ? Et les incontournables de cet été?
Les incontournables de cet été sont les mêmes que ceux de l’été dernier et du prochain : ceux qui vous vont à vous, pas aux mannequins ! J’adore le style et les gens qui osent mais le concept de « mode » me fatigue. Je conseillerais plutôt de miser sur de bons basics : un jeans «beau cul», un perfecto, une belle paire d’escarpins. Et d’apprendre à connaître les coupes et les matières qui vous vont. Ensuite on peut s’amuser avec des petites pièces qu’on change régulièrement et qu’on peut revendre dans un vide-dressing par exemple.

Vide-dressing géant
Samedi 7 et dimanche 8 juin, de 11h à 19h — La Cour du Marais, 81 Rue des Archives, Paris III

Photos : Violette Sauvage
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